Mahé de Labourdonnais

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En 1735, la Compagnie française des Indes envoie Mahé de Labourdonnais remédier à tous les maux de l'Isle de France. En quelques années, ce capitaine engage d'innombrables transformations. Il déplace le siège du gouvernement de l'Isle Bourbon à l'Isle de France. Reconnaissant la valeur maritime de celle-ci, il fait du Port-Louis un centre de construction navale tandis que le Port-Bourbon au sud de l'île perd de l'importance. Il ouvre la première sucrerie aux environs de Pamplemousses. Il fait tracer de nouvelles routes, crée des hôpitaux, introduit de nouveaux plants, des matières premières indispensables à l'économie de l'île. A Port-Louis il fait construire plusieurs bâtiments publics, les casernes et les docks.

Pour attirer les colons de l'Isle Bourbon il leur octroie généreusement des concessions. Ou bien il cherche à fixer les officiers de passage en leur offrant 90 hectares de bonne terre s'ils épousent une jeune fille de l'île. Ces quelques 2.500 colons, établis en une décénie constituent une véritable aristocratie "vieille France" dont les vestiges se lisent encore aujourd'hui dans les batisses coloniales ou les moeurs quelques peu désuettes des grandes familles franco-mauriciennes.

On ne saurait parler de l'oeuvre de Mahé de Labourdonnais sans souligner que l'essor de l'île tient tout autant au dur labeur et aux barbaries subis par les esclaves qu'à l'ingéniosité de ce capitaine malouin! En effet, l'introduction de Malgaches se double d'une traite négrière en provennance du Mozambique, les esclaves de cette région étant réputés plus dociles. Les récits qui nous parviennent font état des sévices endurés par les esclaves. On y apprends que les esclaves, qui encourent les peines du fouet, de la fleur de lis et des oreilles coupées, peuvent être jugés en dernier ressort par des juges ordinaires et les peines exécutées sans recours.

La mise au pas de la colonie mauricienne par Mahé de Labourdonnais lui crée un certain nombre d'inimitiés sur l'île, dans les milieux maritimes et même jusqu'à Paris. Lorsqu'il refuse de détruire Madras, qu'il vient de prendre aux Anglais (1746) durant la guerre de Succession d'Autriche, ses ennemis, et en particulier Dupleix, y voient l'occasion d'un châtiment par Paris : il est condamné pour trahison et embastillé jusqu'en 1751. Il meurt quelques mois après sa libération.

Les successeurs de Mahé de Labourdonnais tentent de perséverer dans la voie qu'il a ouverte et de faire de l'Isle de France une colonie industrieuse, réplique de la métropole, où il fait bon vivre.

 
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Dernière modification : mercredi 28 mars 2001.