
La population mauricienne (plus d'un million
d'habitants) est issue de l'implantation successive de colons blancs, d'esclaves noirs et
de coolies indiens "engagés" par les Anglais. Si elle avait très lentement
augmentée jusqu'au début du 19ème siècle, la population double entre 1810
et 1850 ; passant de 70.000 à 150.000, puis elle double à nouveau à la fin du 19ème
siècle, pour atteindre 350.000 habitants.
 |
Année |
Nombre
d'habitants |
Indications |
1722 |
6 |
|
1735 |
1.000 |
|
1767 |
18.777 |
15.027
esclaves, 587 hommes libres, 3163 blancs |
1789 |
50.000 |
42.000
esclaves, 3.000 hommes libres, 5.000 blancs |
1806* |
74.600 |
60.646
esclaves, 13.954 libres (blancs et gens de couleur) |
1835 |
101.000 |
76.774
esclaves affranchis |
1846 |
158.462 |
dont 53.864
femmes |
1901 |
371.000 |
dont 251.000
indiens |
1962 |
681.000 |
|
1972 |
826.199 |
|
1997 |
1.100.000 |
dont 41%
urbaine |
* L'étude de Milbert, en 1806,
englobe les hommes libres blancs et gens de couleur, contrairement aux préjugés de
l'époque. Les esclaves se répartissent comme suit :
- 16.784 Créoles (nés dans la colonie)
- 11.030 Malgaches
- 6.162 Indiens
- 26.670 Mozambiques
D'après un examen de ces statistiques on peut estimer qu'il y avait environs 2 hommes
pour 1 femme dans la population blanche, dans la population dite libre, le nombre d'hommes
était légèrement inférieur à celui des femmes, tandis que chez les esclaves on
pouvait compter 45 hommes pour 19 femmes. Il est facile de deviner toutes les
conséquences sociales et morales que pouvait entraîner un tel état de choses.

Aujourd'hui la densité est des plus
élevées avec 509 habitants au km². La population mauricienne est extrêmement
hétérogène. On rencontre toutes les races du globe et toutes les grandes religions, du
fétichisme au monothéisme catholique, protestant ou judaïque, en passant par
l'hindouisme (orthodoxe ou réformé), l'islam, le bouddhisme ou le confucianisme.
Enfin on n'y parle pas moins de dix langues, issues de la vieille Europe, de l'Inde, de
l'Afrique ou de la Chine. Les langues influent les unes sur les autres et se transforment.
Le contact des langues africaines et du français des colons a donné naissance au kréol
que tout le monde parle aujourd'hui. L'anglais est resté la langue officielle de l'île
Maurice, tandis que le français est utilisé dans la majorité des rapports d'affaire, et
la presse, écrite ou parlée.
Ce rassemblement de tant de races, le langues ou de religions sur un territoire aussi
étroit, particulièrement protégé de l'extérieur du fait de son insularité fait de
l'île Maurice le microcosme dont on parle tant.
Répartition
Ethnique par District (Recencement de la population de 1972) |
District |
Hindous |
Musulmans |
Population générale |
Sino-mauriciens |
Port-Louis |
24,47% |
37,78% |
33,19% |
9,54% |
Plaines Wilhems |
42,29% |
14,14% |
40,73% |
2,82% |
Pamplemousses |
68,87% |
12,92% |
17,29% |
0,89% |
Rivière du Rempart |
71,57% |
11,72% |
16,11% |
0,57% |
Flacq |
68,71% |
12,37% |
18,19% |
0,72% |
Grand-Port |
62,63% |
13,32% |
22,82% |
1,20% |
Savanne |
60,83% |
18,42% |
18,98% |
0,91% |
Moka |
68,42% |
16,47% |
14,11% |
0,98% |
Rivière-Noire |
50,64% |
1,24% |
46,53% |
1,55% |
TOTAL |
51,8% |
16,5% |
28,5% |
3,2% |
On nomme population générale les
blancs descendants des anciens colons, les noirs descendants d'esclaves et les métis
créoles.
Tous ces groupes semblent vivre aujourd'hui
ensemble sans trop de difficultés et cela, malgré de profondes différences ethniques
(hindous, malais, chinois créoles), religieuses (hindouisme, christianisme) ou
linguistiques (anglais, français). L'étroitesse de l'île, le brassage des populations
ont créé et continuent de créer une nation mauricienne, une culture commune. Celles-ci
s'appuient sur deux supports indéniables : une langue commune, le kréol (même si
certaines nations entendent aussi conserver leur langue propre), 95 % des Mauriciens
comprennent le kréol, et l'homogénéisation du territoire mauricien.
On notera tout de même plusieurs crises (1969, 1999) à connotation communalistes, avec
des émeutes graves, voir meurtières.
Il existe un mouvement visant à instaurer le kréol comme langue nationale. La langue,
représente un enjeu politique très fort, en ce début de millénaire, dans la recherche
identitaire de cette nation mauricienne.

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